Extrait du diaporama
© 2010 Camille Hermant - Tous droits réservés.
J’ai longtemps été fascinée par cet instant fugace et décisif, où le regard du photographe croise celui du photographié. Lors de mes voyages, proches et lointains, j’ai engrangé un grand nombre de ces regards emplis d’un espoir indéfinissable, sorte de discours muets oscillant entre questionnements inquiets et affirmations fortes. Un langage universel des corps et des yeux, lorsque les mots ne peuvent pas se comprendre. Parallèlement à ce travail sur le réel, c’est un travail introspectif que me permet aujourd’hui le numérique. Ces nouvelles techniques ouvrent des portes de la création, jusque-là inaccessibles, comme la représentation des rêves et particulièrement ceux qui prennent leur inspiration dans nos mémoires enfantines. Les peintres avaient franchi en leur temps ces frontières du surréalisme.
« Traces d’enfance » est une succession d’étrangetés, inspirées par mes promenades sur les plages de Trouville et Deauville. Les visiteurs de cet imaginaire passent d’une image à l’autre avec prudence et gourmandise, comme prudents seraient leurs pas sur un sentier magnifique, mais inconnu et sinueux. Du seuil de chaque photo, le passant est le témoin discret d’une ébauche de rêve, et de rencontres extraordinaires. Certains s’en effrayent un peu, de ces frayeurs enfantines qui ont façonné leurs souvenirs les plus précieux. Le plus souvent on aimerait se joindre aux acteurs heureux qui s’ébattent sans nous prêter attention. Mais la photographie ne permet pas aux visiteurs de passer de l’autre côté du miroir. À moins que…















