Extrait du diaporama
© 2010 Olivier Donnars - Tous droits réservés.
Saigon n’impressionne pas au premier regard par son charme. Bruyante, polluée, suractivée, turbulente, la mégalopole vit à un rythme effréné. Mais son attrait demande à se laisser contempler la nuit tombée, au détour des ruelles et des venelles. La rue reprend alors sa nonchalance. L’espace privé s’invite dans la rue. Les échoppes de la journée se retirent pour laisser place aux petites tables et leurs tabourets où prennent place toutes les générations. L’intérieur des maisons se confond avec la vie de la rue. Une famille réunie dans sa pièce de vie principale aux couleurs pastel regarde le petit écran. A ses côtés, trônent la moto et l’autel des ancêtres, deux autres éléments centraux de la pièce. Le dénuement de la pièce donne l’impression que les gens vivent ici de manière transitoire. Au coin des ruelles, lits pliants et hamacs ont déjà investi la voie. On veille sur un commerce de rue. Sur les motos ou dans les cyclopousses, dorment de perpétuels travailleurs aux vies brisées. Dans quelques heures, la rue regagnera sa tranquillité. En partie, car derrière les façades, se préparent déjà les activités du lendemain. Ces instantanés de vie nocturne furent mon quotidien durant trois ans. Quand la nuit s’installe sur la ville, la lumière bleue et froide des néons attire et valorise l’espace. Elle s’entrechoque avec les couleurs pastel des bâtiments et donne un mélange de couleurs aux températures froides et chaudes. Et réduit la ville en un lieu de spectacle et de mise en scène où l’architecture devient un simple décor. Mais derrière ce décor, se dissimulent parfois une invisible solitude et une profonde détresse.
Olivier Donnars
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